jeudi 24 mars 2011

L'arme culturelle Espaces vides: la nouvelle menace d'entrée au Royaume uni


Mike van Graan
Alors le Royaume uni ne raye pas les mentions inutiles dans la défense des vies humaines et des droits des opposants à la dictature de Khadafi, à domicile, travaille à menacer la prospérité et la sécurité britanniques: les artistes noirs Sans enfant qui se trouvent être célibataires (ESPACE VIDE).
Un haut commis de Arterial Network répondait à l’invitation d’une organisation culturelle britannique à l’effet de prendre part au lancement d’un évènement international d’envergure avec des jeunes artistes du monde entier au programme prévu au Royaume uni en 2012. Il faisait partie des 6 représentants africains ne vivant pas Afrique du Sud conviés à la réunion de cette semaine. L’organisation hôte prenait en charge tous les frais de participation.
Mais le nombre est désormais réduit à 4. Le représentant Kenyan et lui se sont vus refuser le visa d’entrée par le bureau d’immigration du ministère de l’Intérieur du Royaume uni pour des raisons similaires.
La lettre (en morceaux choisis plus bas) signée de l’agent d’immigration précise:
« Vous avez fait une demande de visa d’entrée pour un séjour de 4 jours au Royaum uni                          .
Tout document soumis en appui à votre demande a été examiné et enregistré. Nul n’a été besoin de vous accorder un entretien pour donner suite à votre demande.
J’accepte que vous avez été invité à cet évènement. Mais je dois tenir compte des considérations liées à votre personne … au moment de parvenir à ma décision. Vous n’avez pas fait mention de votre participation à ce type d’évènement que ce soit dans (votre pays) ou ailleurs.
J’observe qu’un versement d’argent liquide régulier est effectif dans ce compte durant toute la période de l’historique bancaire. Cette situation renseigne qu’il s’agit d’un gonflement artificiel. De ce fait, je doute que le compte reflète votre vrai historique bancaire.
Vous n’avez ni une épouse ni des enfants à prendre en charge. Vous n’avez pas fourni la preuve d’un autre ancrage familial ou social solide dans votre pays (d’origine)
Je reconnais que vos hôtes offrent de s’acquitter de tous les frais liés à votre visite. Cependant, je dois tenir compte de votre situation économique et personnelle… au moment de prendre ma décision. Fort de ce qui précède, je ne  suis pas convaincu de ce qu’il s’agit d’une authentique demande de visa pour un court séjour de moins de 6 mois et de votre intention de quitter le Royaume uni au terme de votre visite comme exigé… Par conséquent, je ne vous accorde pas le visa.
Les armes culturelles antérieures soulignaient l’hypocrisie grossière et la politique du 2 poids 2 mesures de l’  “Ouest civilisé”. Elles s’attaquent à la diversité culturelle. Or, le Royaume uni est signataire de la Convention 2005 de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles qui, entre autres, imposent l’accès aux marchés du Nord en général et la mobilité des artistes du grand Sud.
Pourtant, cette correspondance d’humiliation rappelle la portée à laquelle les pays riches piétineront la dignité humaine des « autres », en singulier les ressortissants des pays pauvres dans le monde.
Dans un premier temps, elle incrimine le demandeur en déclarant qu’il ne sollicite pas un visa régulier pour une période donnée ou qu’il a l’intention de quitter le Royaume uni. Le vrai « crime » du demandeur est donc qu’il vit (un choix délibéré, en réalité) dans l’un des pays les plus pauvres et déchirés par la guerre sur le continent. Cet état des choses lui accorde le profil idéal de candidat à l’ “asile” au Royaume uni, le pays, cela crève les sens, de l’opulence !
En second lieu, elle doute de la conscience, de l’intégrité et de la bonne foi du demandeur de visa en l’accusant de gonfler son relevé bancaire de manière anormale à cause des dépôts d’argent liquide considérables dans son compte. On n’essaie pas de comprendre la condition particulière de l’artiste dans son pays et les raisons qui justifient de tels paiements ; l’on présume de manière arrogante que les artistes en Afrique doivent se faire payer par des voies conformes au système bancaire occidental or via des registres de paie standards.

En troisième lieu, elle cause un préjudice à tout un groupe de personnes (surtout les jeunes) au nom des facteurs bizarres comme le célibat et l’absence d’enfants en charge. Les enfants africains orphelins du SIDA ne doivent pas prendre la peine de demander un visa pour le Royaume uni, sauf s’ils sont retenus pour habiller des posters d’enfants au propre service des campagnes du gouvernement britannique !)
En quatre, aucune démarche n’est faite dans le sens de savoir si le demandeur dit la vérité ou non.
Un entretien n’est pas nécessaire, pense-t-on). L’organisation hôte n’est pas consultée pour fournir des garanties quant à la prise en charge du séjour du demandeur de visa. L’organisation partenaire n’est invitée à soutenir son représentant qui, à tout hasard, vient de passer des mois en résidence artistique dans un autre pays européen et qui est un grand voyageur.
Votre demande ne saurait bénéficier d’un droit d’appel complet… Votre voie de recours est réduite à l’une ou toutes les raisons (suivantes):

a.     la décision est illégale en vertu de la loi anti-raciale de 1976…
b.     la décision est contraire à la loi sur les droits humains (l’autorité publiques ne pose pas des actes contraires à la Convention des droits de l’Homme ».


Toujours prêts à critiquer les dirigeants qui foulent au pied les droits de l’Homme en Afrique (à l’exception de dictateurs qui, sans foi ni loi, se conforment et servent leur stratégie politique et/ou leurs intérêts économiques, les gouvernement du Nord, pris dans leur ensemble, sont incapables de voir la paille dans leurs propres yeux. L’abus des droits humains des artistes africains n’est pas l’apanage des régimes du continent, loin s’en faut.
Si le besoin d’une Veille culturelle manifesté la semaine dernière est mis sur pied pour surveiller l’enrayement de la liberté d’expression en Afrique, elle devrait aussi s’étendre au contrôle des abus des droits et de la dignité humaines des artistes africains par les régimes européens.



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