Mike van Graan
Le programme PEN World Voices Festival en cours en ce moment à New York precise que la principale mission de l’organisation « est d’encourager les gens à se prononcer contre la censure et à condamner la suppression de liberté d'expression partout". Les trois signataires de cette introduction - Laszlo Jakab Orsos, le Directeur du Festival; Salman Rushdie, le président du comité de pilotage de festival et K. Anthony Appiah, le Président du Centre américain PEN, hôte du Festival, affirme plus loin "nous croyons dur comme fer en la littérature comme une arme combat clé de cette bataille ».
Le programme PEN World Voices Festival en cours en ce moment à New York precise que la principale mission de l’organisation « est d’encourager les gens à se prononcer contre la censure et à condamner la suppression de liberté d'expression partout". Les trois signataires de cette introduction - Laszlo Jakab Orsos, le Directeur du Festival; Salman Rushdie, le président du comité de pilotage de festival et K. Anthony Appiah, le Président du Centre américain PEN, hôte du Festival, affirme plus loin "nous croyons dur comme fer en la littérature comme une arme combat clé de cette bataille ».
L'Afrique du Sud célèbre ses 17 ans de démocratie cette semaine, 17 ans d'abolition de conseils de censure, 17 ans de liberté d'expression garantie dans la Constitution du pays qui dit : « chacun a le droit à la liberté d'expression qui inclut :
a. La liberté de la presse et d'autres médias ;
b. la liberté de recevoir et de diffuser les informations ou les idées;
c. la liberté de la créativité artistique et celle d'enseignement ;
d. et la liberté de la recherche scientifique.
Dans la programmation du Festival PEN, un extrait de ma pièce Green Man Flashing a fait l’objet d’une représentation comme lecture au Martin E. Segal le Theatre. Des échanges ont suivi.
Dans la programmation du Festival PEN, un extrait de ma pièce Green Man Flashing a fait l’objet d’une représentation comme lecture au Martin E. Segal le Theatre. Des échanges ont suivi.
La pièce se déroule six semaines avant les deuxièmes élections en l'Afrique du Sud en 1999. Gabby Anderson, une ancien activiste politique désormais employée par le gouvernement dit qu’elle aurait été violée par un ministre de haut-vol et héros de la lutte anti-apartheid impeccable. Il a joué un rôle déterminant dans la répression de la violence entre le Congrès national africain (ANC) et le parti de Liberté Inkatha dans sa région d’origine du KwaZulu Natal. Si les accusations sont connues de tous, elles pourraient ternir l’image du parti au pouvoir, mener à des bains de sang lors des violences électorales et mettre en péril les investissements internationaux. L'ANC dépêche une délégation de deux personnes pour convaincre Anderson à éviter d’intenter un procès en justice.
Plutôt que le binôme nous - eux, noir-blanc, les bons et les mauvais des oppositions binaires qui avait dominé la période l'apartheid, Green Man Flashing cherche à explorer certaines des contradictions morales, les ironies raciales et les complexités politiques d'une société en transition. Il juxtapose les droits de l'homme individuels contre le meilleur (bien que comme défini par ceux qui sont au pouvoir) et la pandémie de violence de genre contre la violence politique, défiant le public à penser à ses positions morales dans une société en butte à des ambivalences politiques et morales.
A la première représentation de la pièce en 2004, suivie d’autres en 2005 (quelque temps avant Jacob Zuma – à présent le président sud-africain est accusé de viol), j'ai placé des livres dans les foyers des théâtres pour que le public réagisse à la pièce. Les observations les plus récurrentes et, à mon avis, les plus troublantes étaient : « une pièce osée, un travail courageux ». La lecture implicite est que traiter de tels thèmes dans l’Afrique du Sud post-apartheid est osé, impertinent et même dangereux.
Pourquoi cela serait-il le cas, me suis-je demandé, quand nous vivions dix ans de démocratie; quand, dans l'ère d'apartheid, certains d'entre nous ont été arrêtés pour avoir mis en scène une pièce de théâtre de rue considérée comme un rassemblement illégal, d'autres ont vu interdire leurs œuvres et d'autres avaient été appréhendés sans procès pour avoir critiqué l’apartheid au biais de leur créativité artistique. Pourquoi devrait-on considérer les auteurs comme des "courageux" quand ils exercent la liberté d'expression créative sous un gouvernement démocratiquement élu qui avait juré de soutenir une Constitution garantissant des droits de l'homme ?
À ce moment-là, bien sûr, Thabo Mbeki était le président du pays et c'était une période où le parti dirigeant était très sensible à toutes sortes de critiques, où ceux qui ont osé critiquer - peu importe comment légitime était la critique - avaient été écartés et pris pour des racistes (ou des ultra-gauchistes s'ils n'étaient pas blancs), comme des gens qui ne pouvaient pas simplement accepter un gouvernement noir. C'était le temps où l'auto-censure était de mise.
Souvent, la communauté internationale se concentre sur ces pays où les conditions sont si répressives que nous nous émerveillons et célébrons ces artistes et auteurs qui critiquent le statu quo qui confisque les grands coûts financiers, personnels et même physiques. Mais parfois, même dans des pays démocratiques, on a besoin des auteurs, des artistes et des musiciens pour dire la vérité, la faire fonctionner, défier des nouveaux dogmes politiques, être la voix des sans voix
Les démocraties sont, en général, des œuvres à parfaire et il y aura toujours des tentatives de suppression de la liberté d'expression soit par une censure politique manifeste, le retrait de ressources économiques, l'intimidation ou alors d'autres moyens par des autorités politiques ou les dirigeants d’une institution, une communauté ou une cause.
Tandis que, selon l’opinion générale, les arts ont besoin des conditions favorables à la liberté d'expression, la littérature, le théâtre, la musique, le cinéma, les arts visuels… sont aussi des moyens de création et de développement de telles conditions où elles n'existent pas ou sont menacées. La meilleure façon d'assurer la liberté artistique peut simplement être de le pratiquer.
NB
1. Les points de vue exprimés dans cette chronique relèvent entièrement de son auteur et représentent nécessairement toute organisation à laquelle il appartient.
2. Le destinataire peut transférer cette chronique à un tiers et peut faire l’objet d’une reproduction dans toute publication ou site Internet à condition d’en mentionner l’auteur.
3. Pour tout commentaire ou réaction au contenu de cette chronique, bien vouloir visiter www.mikevangraan.wordpress.com
1. Les points de vue exprimés dans cette chronique relèvent entièrement de son auteur et représentent nécessairement toute organisation à laquelle il appartient.
2. Le destinataire peut transférer cette chronique à un tiers et peut faire l’objet d’une reproduction dans toute publication ou site Internet à condition d’en mentionner l’auteur.
3. Pour tout commentaire ou réaction au contenu de cette chronique, bien vouloir visiter www.mikevangraan.wordpress.com
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire