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lundi 2 mai 2011

Comment les arts peuvent-ils contribuer à la liberté d'expression?


Mike van Graan

Le programme PEN World Voices Festival en cours en ce moment à New York precise que la principale mission de l’organisation « est d’encourager les gens à se prononcer contre la censure et à condamner la suppression de liberté d'expression partout". Les trois signataires de cette introduction - Laszlo Jakab Orsos, le Directeur du Festival; Salman Rushdie, le président du comité de pilotage de festival et K. Anthony Appiah, le Président du Centre américain PEN, hôte du Festival, affirme plus loin "nous croyons dur comme fer en la  littérature comme une arme combat clé de cette bataille ».

L'Afrique du Sud célèbre ses 17 ans de démocratie cette semaine, 17 ans d'abolition de conseils de censure, 17 ans de liberté d'expression garantie dans la Constitution du pays qui dit : « chacun a le droit à la liberté d'expression qui inclut :
a. La liberté de la presse et d'autres médias ;
b. la liberté de recevoir et de diffuser les informations ou les idées;
c. la liberté de la créativité artistique et celle d'enseignement ;
d. et la liberté de la recherche scientifique.
Dans la programmation du Festival PEN, un extrait de ma pièce Green Man Flashing a fait l’objet d’une représentation comme lecture  au Martin E. Segal le Theatre. Des échanges ont suivi.
La pièce se déroule six semaines avant les deuxièmes élections en l'Afrique du Sud en 1999. Gabby Anderson, une ancien activiste politique désormais employée par le gouvernement dit qu’elle aurait été violée par un ministre de haut-vol et héros de la lutte anti-apartheid impeccable. Il a joué un rôle déterminant dans la répression de la violence entre le Congrès national africain (ANC) et le parti de Liberté Inkatha dans sa région d’origine du KwaZulu Natal. Si les accusations sont connues de tous, elles pourraient ternir l’image du parti au pouvoir, mener à des bains de sang lors des violences électorales et mettre en péril les investissements internationaux. L'ANC dépêche une délégation de deux personnes pour convaincre Anderson à éviter d’intenter un procès en justice.
Plutôt que le binôme nous - eux, noir-blanc, les bons et les mauvais des oppositions binaires qui avait dominé la période l'apartheid, Green Man Flashing cherche à explorer certaines des contradictions morales, les ironies raciales et les complexités politiques d'une société en transition. Il juxtapose les droits de l'homme individuels contre le meilleur (bien que comme défini par ceux qui sont au pouvoir) et la pandémie de violence de genre contre la violence politique, défiant le public à penser à ses positions morales dans une société en butte à des ambivalences politiques et morales.
A la première représentation de la pièce en 2004, suivie d’autres en 2005 (quelque temps avant Jacob Zuma – à présent le président sud-africain est accusé de viol), j'ai placé des livres dans les foyers des théâtres pour que le public réagisse à la pièce. Les observations les plus récurrentes et, à mon avis, les plus troublantes étaient : « une pièce osée, un travail courageux ». La lecture implicite est que traiter de tels thèmes dans l’Afrique du Sud post-apartheid est osé, impertinent et même dangereux.
Pourquoi cela serait-il le cas, me suis-je demandé, quand nous vivions dix ans de démocratie; quand, dans l'ère d'apartheid, certains d'entre nous ont été arrêtés pour avoir mis en scène une pièce de théâtre de rue considérée comme un rassemblement illégal, d'autres ont vu interdire leurs œuvres et d'autres avaient été appréhendés sans procès pour avoir critiqué l’apartheid au biais de leur créativité artistique. Pourquoi devrait-on considérer les auteurs comme des "courageux" quand ils exercent la liberté d'expression créative sous un gouvernement démocratiquement élu qui avait juré de soutenir une Constitution garantissant des droits de l'homme ?
À ce moment-là, bien sûr, Thabo Mbeki était le président du pays et c'était une période où le parti dirigeant était très sensible à toutes  sortes de critiques, où ceux qui ont osé critiquer - peu importe comment légitime était la critique - avaient été écartés et pris pour des racistes (ou des ultra-gauchistes s'ils n'étaient pas blancs), comme des gens qui ne pouvaient pas simplement accepter un gouvernement noir. C'était le temps où l'auto-censure était de mise.
Souvent, la communauté internationale se concentre sur ces pays où les conditions sont si répressives que nous nous émerveillons et célébrons ces artistes et auteurs qui critiquent le statu quo qui confisque les grands coûts financiers, personnels et même physiques. Mais parfois, même dans des pays démocratiques, on a besoin des auteurs, des artistes et des musiciens pour dire la vérité, la faire fonctionner, défier des nouveaux dogmes politiques, être la voix des sans voix
Les démocraties sont, en général, des œuvres à parfaire et il y aura toujours des tentatives de suppression de la liberté d'expression soit par une censure politique manifeste, le retrait de ressources économiques, l'intimidation ou alors  d'autres moyens par des autorités politiques ou les dirigeants d’une institution, une communauté ou une cause.
Tandis que, selon l’opinion générale, les arts ont besoin des conditions favorables à la liberté d'expression, la littérature, le théâtre, la musique, le cinéma, les arts visuels… sont aussi des moyens de création et de développement de telles conditions où elles n'existent pas ou sont menacées. La meilleure façon d'assurer la liberté artistique peut simplement être de le pratiquer.
NB
1. Les points de vue exprimés dans cette chronique relèvent entièrement de son auteur et représentent nécessairement toute organisation à laquelle il appartient.
2. Le destinataire peut transférer cette chronique à un tiers et peut faire l’objet d’une reproduction dans toute publication ou site Internet à condition d’en mentionner l’auteur.
3. Pour tout commentaire ou réaction au contenu de cette chronique, bien vouloir visiter www.mikevangraan.wordpress.com


samedi 23 avril 2011

Tout ce qui est fracture est-il une démocratie ?


 Mike van Graan

L’inauguration du Centre mémorial de Kigali a eu lieu en 2004. Il est bâti sur un site qui sert aussi de tombe collective  à quelque 250 000 personnes victimes de la boucherie du génocide rwandais. Il est intervenu une décennie plus tôt.  Quand je suis entrée à l’exposition permanente qui ne peut donner qu’un soupçon de la manière dont 800 000 personnes ont trouvé la mort en une période de 100 jours, j’étais totalement perdu en essayant de comprendre comment des voisins pouvaient se retourner les uns contre les autres de manière aussi rapide et aussi violente. J’interrogeais alors le principe si vanté de l’Ubuntu, notre interconnexion africaine : est-ce simplement un idéal mythique que nous faisons germer dans un orgueil et une nostalgie sans substance ; mais, dans le fond, sommes-nous aussi égoïstes, atomisés et déconnectés que ceux des sociétés occidentales ?
Le monde a ignoré le Rwanda d’avril à juin 1994 quand se déroulait le génocide. Il consacrait davantage son attention vers l’extrême Sud du continent où la nation miraculée tenait ses toutes premières élections démocratiques non raciales en avril également. En juin 1994 a lieu l’investiture de Nelson Mandela comme Président et l’écho de son discours euphorique résonne encore dans l’ensemble du globe :
Il est arrivé, le temps de panser les blessures. Il est arrivé, le temps d’ignorer nos différences. Il nous appartient, le temps de construire…. Ensemble, nous devons donc comme un peuple uni à la cause de la réconciliation,  de la construction nationale à l’effet de donner naissance à un nouveau monde
Pendant que des groupes ethniques s’entretuaient littéralement au Rwanda, au même moment, le projet de réconciliation qui unifiait les peuples au-delà des différences raciales et des divisions ethniques commençait à peine dans l’Afrique du Sud post-Apartheid.
L’Afrique du Sud est sur le point de célébrer sa 17è journée de la Liberté. Elle marque les 1ères élections du 27 avril 1994. Le pays a tenu 3 autres élections au niveau national entre temps et est sur le point d’organiser les 4è élections locales en mai. Une constitution a été adoptée. Elle garantit la liberté d’association, la liberté d’expression et la liberté de la presse. Pourtant, en ce moment même, il y a un procès en cours. Il déterminera si oui ou non le “chant de libération » Tire sur le Boer constitue un discours de haine contre les Afrikaners. Le leader de la ligue de la jeunesse de l’ANC, âgé de 8 ans à la sortie de prison de Nelson Mandela, lui-même vétéran effronté de la lutte contre l’Apartheid,  l’a mis en relief ! Cette semaine aussi, 6 policiers ont été accusés du meurtre d’un homme sans arme qui protestait contre le manque des prestations de services. Sa bastonnade, les coups de feu et sa mort, par la suite, sont diffusés à travers les médias du monde au moment où des images similaires sont servies dans des dictatures comme le Yémen et la Syrie. Pendant que des manifestations contre l’absence des prestations de services se déroulent dans l’ensemble du pays, un ministre sud-africain est dénoncé.   Il lui est reproché d’avoir dépensé des sommes d’argent considérables du trésor public pour rendre visite à sa petite amie sous l’effet permanent de la drogue dans une prison en Suisse et pour financer des séjours les meilleurs hôtels du Cap et, à présent, il se construit une magnifique résidence dans une ville appauvrie à l’Est du Cap.
Ces trois préoccupations démontrent comment le projet de réconciliation a à peine évolué en Afrique du Sud, le volume de travail que le pays a encore à faire pour traduire dans la réalité  les droits constitutionnels et comment l’avarice et la corruption grimpent Mais au moins, nous allons bientôt voter… !
Dans un article publié en décembre 2010, A ndrew Mwenda du journal l’Indépendant en Uganda dit: “L’ANC en Afrique du Sud a hérité d’un Etat bureaucratique fort avec une économie industrielle et moderne bien développée, des infrastructures de choix, la meilleure dotation en ressources humaines du continent et une grande manifestation de la solidarité internationale. Le Front patriotique rwandais, FPR, a hérité d’une économie en retard qui a échoué et d’un pays sans Etat opérationnel. Les institutions d’avant ont été démembrées, car plus de 90% de ses ressources humaines ont été tuées, emprisonnées ou exilées. Il y avait une faible manifestation de la solidarité internationale ».
Depuis le génocide, le Rwanda a tenu deux élections présidentielles. Paul Ngwane du FPR avait remporté les premières pour un mandat de 7 ans avec un taux de 95% en 2003. Quant à son second (et dernier mandat constitutionnel) échu en 2010, il l’avait remporté avec un taux de 95%. Ngwane et le PPR ont essuyé de hautes critiques tant en interne comme à l’international par les organisations des droits de l’Homme à cause de leurs abus contre l’opposition, la presse et l’absence de tradition démocratique.

Selon Mwenda, tout de même, la vie des citoyens rwandais ordinaires s’est améliorée, fort d’un taux de fréquentation à l’école primaire de 97%, de 75% d’accès à l’eau potable et d’une mortalité infantile en déclin, toute chose qui marque un attachement à l’atteinte des objectifs de développement du millénaire. Le taux de prévalence du VIH-SIDA est passé de 11% en 2003 à moins de 3% en 2011. L’espérance de vie est passée de 25 ans en 2000 à 52 ans une décennie plus tard. Au contraire, l’espérance de vie sud-africaine a chuté de 62 ans avant l’accession de l’ANC au pouvoir à environ 50 ans l’an passé. Une étude menée par l’Université de Harvard conclut que 330 000 personnes (soit près de la moitié des tués lors du génocide rwandais) ont trouvé une mort évitable durant le règne de Thabo Mbeki. Selon les estimations de cette étude, il y avait une moyenne de 900 cas de décès par jour liés au SIDA en 2005. C’était un an après la ré-élection de l’ANC à la magistrature suprême avec un score de plus de 60% !
En réalité, aucun rapport nécessaire ne lie la démocratie et aux prestations de service aux pauvres ou alors à l’amélioration de la vie de la majorité. Comme le souligne aussi l’article de Mwenda, l’Inde, la plus grande démocratie du monde, dispose d’indicateurs de liberté comparables à ceux de la Norvège et, pourtant, en matière des prestations de services tel que l’accès à l’éducation, à la santé, l’eau potable… l’Inde se rapproche des Etats décadents comme le Pakistan et le Bangladesh.  La Chine, de l’autre côté, n’est pas la plus grande démocratie du monde. Elle est, selon la Banque Mondiale, le pays qui a réalisé des gains substantiels en matière de réduction de la pauvreté. Elle a hissé 600 millions de personnes au-dessus du seuil de pauvreté qui est de moins d’un 1,25 dollar par jour sur une période d’un mois.
Pendant que les meilleurs modèles de démocratie peuvent s’avérer être des mécanismes effectifs des prestations de services et d’amélioration des conditions de vie de la majorité, disposer des formes de démocratie (du type élections libres et transparentes, des libertés et droits de l’Homme protégés par la constitution…) peut aussi être un moyen d’aliénation et de suppression de la résistance. Où la démocratie est au service de l’élite comme en Afrique du Sud, les masses populaires constituent de “la provende électorale”qui assure le maintien du véhicule politique qui crée les conditions de prospérité aux élites. Les batailles de positionnement constantes (de manière littérale)  au sein du parti au pouvoir en Afrique du Sud relèvent moins du désir de servir le peuple que se saisir les opportunités économiques et le style de vie qui sont offertes aux hommes politiques. Les premiers sièges leur sont attribués aux dépens de l’argent du contribuable.
La conquête de la démocratie et de la culture démocratique (comme c’est le cas en ce moment en Afrique du Nord et au Moyen Orient) sont admirables et méritent des encouragements. Mais le Grand Sud enseigne que la démocratie n’est pas garante des transformations sociales progressives et substantielles. Elle doit se faire accompagner par une culture qui accorde de la valeur au bonheur de la majorité et non à l’avarice individuelle qui ne glorifie pas un matérialisme béat comme signe de succès et place les hommes au lieu du bénéfice, de l’idéologie ou des petits intérêts politiques au centre du programme de transformation sociale. Les nouvelles sociétés exigent des nouvelles cultures.





dimanche 17 avril 2011

Les artistes devraient-ils accepter "l'argent sale"?


Mike van Graan

Un nombre de choses frappent à l’entrée de Bamako, la capitale du Mali. La première est la majesté du fleuve Niger. Il en irrigue la verdure. Autrement, c’est, gravillonné, poussiéreux et semi-désertique. L’autre réalité est l’esprit d’entreprise des gens dans un pays évidemment pauvre. Chacun essaie de se faire de l’argent en vendant les mangues, du poulet, des meubles locaux, des T-shirt fabriqués en Chine, des transformateurs électriques, ? Par la suite s’élèvent de hauts immeubles et hôtels dont certains portent le nom « Lybia Hotels ». Le dictateur libyen prête son nom à un bâtiment. Encore vide,  Kadhafi en est le financier. La structure abritera la cité ministérielle. Deux ponts permettent de traverser le fleuve Niger. Les Chinois en construisent un 3è.  .
A number of things strike one on entering Bamako, the capital of Mali. The first is the majestic Niger River responsible for much of the green in an otherwise dusty, gravelly, semi-desert city. Another is the industriousness of the people in an obviously poor country, as everyone is trying to generate even a meagre income selling mangoes, chickens and home-made furniture, or Chinese-manufactured T-shirts, electricity adapters and slip slops. Then there are some incongruously tall buildings and hotels, a number of the latter bearing the name “Libya Hotels”. One garish building is named after the Libyan dictator, Gaddafi, who has funded this – still empty - structure to house the Malian cabinet. There are two bridges across the Niger with a third being built by the Chinese.

En parcourant le marché, le visiteur découvre des affiches fabriquées à la main. Elles prennent la défense de Khadafy. Dans les débats avec les locaux, il va de soi que le capital sympathie de l’ancien
As one walks through the market, there are hand-made posters in defence of Gaddafi, and in conversation with some of the locals, it is clear that there is much sympathy for the one time, wannabe-head of the United States of Africa.
Le Mali est à la tête du classement Mo Ibrahim en matière de gouvernance en Afrique et deuxième excéco au sujet de la liberté de la presse sur le continent. Mais le Mali est l’un des pays les plus pauvres du monde avec un revenu moyen annuel de 600 dollars et classé 160è sur 179 à la barre de l’Indicateur de développement humain. Un pays comme le Mali qui fait des grands pas en matière des droits de l’Homme et des libertés, mais qui est relativement pauvre et a besoin de soutien au développement, devrait-il accepter l’aide des pays dont le bilan en matière de respect des droits de l’Homme est plus que mauvais ?
Mali is ranked in the top half of the Mo Ibrahim Index on Governance in Africa and shares second spot for the best media freedom in Africa.
But Mali is one of the poorest countries in the world with an average income of $680 per year and a ranking of 160 (out of 179 countries) on the Human Development Index. Should a country like Mali that is making great strides in human rights and freedoms – but which is relatively poor and in need of development assistance – accept aid from countries with extremely poor records in human rights and media freedom?

Une préoccupation similaire embarrasse  des artistes et des organisations culturelles: devraient-ils accepter de l’ « argent sale » qui est en contraste avec leurs valeurs de liberté d’expression et de respect des droits humains fondamentaux ? Les financements servent souvent à acheter la crédibilité, à obtenir un poids politique ou autre, de reconstruire une imagé écornée ou simplement de coopter et de réduire au silence les pensé et pratique critiques.
This is a similar question vexing some artists and arts organisations: should they accept “dirty money” that contradicts their own values of freedom of expression and fundamental human rights? Funding is often used to buy credibility, to buy political or other influence, to boost an image in need of a makeover, or simply to co-opt and mute critical thought and practice.
Alors, les organisations artistiques, les institutions culturelles et les artistes pris comme individus (étant donné qu’ils essaient toujours de survivre et ont le plus souvent besoin de financements) devraient-ils accepter l’assistance en provenance des pays spécialistes de l’abus des droits de l’Homme et capables de mettre un terme à la liberté d’expression artistique au sein de leurs propres frontières ? Jusqu’où peut-on creuser pour déterminer si l’argent est “sale”? Les chroniques L’Arme culturelle précédentes ont mis en relief la manière dont des pays comme la France, le Royaume Uni et l’Allemagne compromettent de plus en plus les droits humains fondamentaux et les principes de la diversité culturelle, notamment le cas des immigrants. Donc, devrait-on accepter les financements de ces pays? Leurs financements ne sont-ils pas enracinés dans la période coloniale répressive, en partie dans les relations néo-coloniales contemporaines et leurs commerces actuels avec des pays qui ne sont pas des lumières en matière de respect des droits de l’Homme ?

So, should arts organisations, cultural institutions and individual artists – given that they often struggle to survive and are more often than not in need of funding – accept support from countries with poor human rights records and that might even suppress artistic freedom in their own countries? How far back does one go to determine whether money is “dirty”? Previous Cultural Weapons have highlighted how European countries like France, the United Kingdom and Germany are increasingly compromising fundamental human rights and principles of cultural diversity, particularly with regard to immigrant communities. So, should funding be accepted from these countries? Is their funding not rooted in the repressive colonial period, partly in contemporary neo-colonial relationships and their current trade with countries that do not have exemplary human rights records?


Et comment les pays occidentaux soutiennent que l’amélioration des droits de l’Homme et de la démocratie, tells que les Etats-Unis, ne sont pas coupables d’abus directs ou indirects de droits de l’Homme, que ce soit sous forme de torture des prisonniers, de guerres illégales (non sanctionnées par les Nations Unies) ou en soutenant des régimes répressifs qui servent leurs intérêts ?
And how many western countries that profess support for human rights and democracy, such as the USA, are not guilty of direct or indirect abuse of human rights whether through the torture of prisoners, illegal wars (not sanctioned by the United Nations) or propping up repressive regimes that serve their interests?

Mais, si les financements étatiques peuvent d’avérer sales, que dire de ceux issus du secteur privé, de ceux en provenance du commerce avec les pouvoirs qui servent la cause des gouvernements qui piétinent les droits de l’Homme, ou qui font des profits de la vente des armes utilisées contre les citoyens, ou à partir de la destruction de l’environnement, ou simplement au moyen d’une exploitation grossière des pratiques ouvrières ou qui accordent la préséance aux bénéfices aux dépens des hommes telles que les enterprises qui  refusent les médicaments à coûts réduits qui pour sauver la vie des nécessiteux ? Devrait-on accepter les financements de telles entreprises ? Et que dire des financements plus “propres” des enterprises de cigarettes ou brassicoles qui agissent directement ou indirectement sur la santé et accentuent les problèmes sociaux? Les artistes devraient-ils accepter les financements de la loterie dont certains pensent qu’il s’agit d’une autre forme d’impôt, notamment contre les pauvres?
But if government funding may be dirty, what of funding from the private sector, from those that trade with and so sustain governments that abuse human rights, or who generate profits through weapons that are used for war against citizens, or through environmental destruction or simply through highly exploitative labour practices or who put profits before people such as drug companies who deny cheaper life-saving drugs to people who need them? Should funding be accepted from such companies? And what of more “harmless” funding from tobacco companies or wine companies that impact directly or indirectly on health and social problems? Should artists accept funding from the lottery that some regard as another form of tax, especially on the poor?

La réalité est qu’il très difficile, sinon impossible de trouver de l’”argent propre” dans un monde aussi structurellement et historiquement inéquitable comme le nôtre, fort d’un marché international qui perpétue ces inégalités. Il est probable que tout financemeny soit souillé d’une manière ou d’une autre. Alors, les financements de n’importe quelle origine sont-ils acceptables sur le plan moral simplement parce qu’il est improbable de trouver des financements qui ne soient pas moralement compromis à travers la generation des revenues, les origins et les missions ou les conditions associées ?
The reality is that it is very difficult, if nigh impossible, to find “clean money”, that in a world as structurally and historically inequitable as ours, with the global free market perpetuating these inequities, it is likely that all funding is tainted in some way or another.
So then, is funding from any source morally acceptable, simply because it is unlikely to find funding that is not morally compromised through its generation, its source, its role or the associated strings?


Prof Es’kia Mphahlele, un écrivain sud-africain et activiste communautaire de haute estime décédé il y a quelques années avait dit une fois à cet effet que « plus l’argent sale parvient à moi, plus il devient propre ».

Prof Es’kia Mphahlele, a highly respected South African writer and community activist who passed away a few years ago once said to the effect of “the closer dirty money gets to me, the cleaner it becomes”.

C’était une approche praggmatique. Celle qui ne voyait pas le monde comme étant une opposition binaire, mais comme un labyrinthe complexe sur le plan moral. Si l’argent sert à des fins utiles ou pour atteindre un objectif convaincant sur le plan moral, alors cela serait acceptable dans cette approche.
His was a pragmatic approach, one that did not see the world in binary opposites, but as a morally complex labyrinth. If the money is used to achieve a good end or a morally sound objective, then that would be acceptable in terms of this approach.

Des fois, ce sont ceux qui ont le choix, ceux qui disposent de resources, ceux qui, de manière relative, sont à des postes de privilège qui font plus de choix d’ordre “moral” de sorte qu’un pays plus riche puisse refuser les financements de Kadhafi. Mais un pays comme le Mali (soucieux de soustraire de la tutelle économique et politique  de l’ancien colonisateur) a peu d’optons. De même, les artistes et les organisations culturelles dotés de grands financements et de revenus divers sont plus à même de prendre des hautes positions morales que n ceux qui ont peu d’accès aux financements internationaux et autres sources (non seulement les riches ont plus d’options, mais ils peuvent aussi s’avérer plus opportunistes à l’instar des artistes de l’Ouest qui ont reçu des cachets énormes pour jouer pour Kadhafi et se contenter de retourner en vitesse ou de faire don à des organisations caritatives après que le commanditaire a orienté ses fusils sur les manifestants libyens.
Les citoyens maliens parlent de la manière dont les travaux de construction de la cité ministérielle en viennent souvent à être suspendus par Kadhafi quand une politique interne ou une prise de position malienne à l’international lui déplaît (l’on est en droit de s’étonner au sujet des dynamiques et des intérêts de la mission de l’Union Africaine actuelle en Libye qui compte le Président malien)

Dans un ordre économique et politique international complexe où les modèles de respect des droits de l’Homme se comptent sur le bout des doigts et une poignée d’exceptions soucieuses de telles valeurs universelles, il est peu probable d’adopter une politique globale capable d’intégrer les financements acceptables et ceux à rejeter. Cela s’apparenterait à savoir si l’artiste pris comme individu ou l’organisation peut vivre des retombées énoncées ou cachées qui accompagnent de tels financements. Une association financée compromettrait-elle son image et l’atteinte de ses objectifs clé ? Compromettrait-elle sa capacité «  à dire la vérité au pouvoir en place » et se mette en quelque sorte à la solde de celui-ci ou alors se réduire à l’auto-censure? Cela compromettra-t-il la solidarité avec les artistes des pays bailleurs de fonds ?
En général, il y a un contrat entre un bailleur et le récipiendaire. Il définit les termes et conditions de financements et détermine les attentes du bailleur. Peut-être (du moins que les associations qui ternissent leur image et réputation à cause des financements d’origine douteuse)-les bénéficiaires devraient élaborer l’ébauche qui deviendrait une partie du contrat qui précise leurs valeurs et principes et les conditions dans lesquelles de tels fonds sont acceptés. Par exemple, il faudrait signifier que l’organisation ne modifiera pas ses principes, ses valeurs et ses objectifs et n’aliénera pas son droit à dire la vérité même si un tel pouvoir inclut le bailleur.
NB
1. Les points de vue exprimés dans cette chronique relèvent entièrement de son auteur et représentent nécessairement toute organisation à laquelle il appartient.
2. Le destinataire peut transférer cette chronique à un tiers et peut faire l’objet d’une reproduction dans toute publication ou site Internet à condition d’en mentionner l’auteur.
3. Pour tout commentaire ou reaction au contenu de cette chronique, bien vouloir visiter www.mikevangraan.wordpress.com


dimanche 10 avril 2011

Les artistes font-ils partie du problème?

Mike van Graan

Cette semaine, Juliano Mer-Khamis, le directeur fondateur du Théâtre de la liberté à Jenin en Palestine, a été assassiné. Des hommes masqués l’ont tué à l’arme. Dans un hommage, il est décrit comme “quelqu’un de totalement convaincu de ce que l’art est au service de l’expression de la liberté ».
Cette semaine aussi, le très célèbre  artiste Ai Weiwei, respecté pour son franc-parler, a été interpelé par son gouvernement et, d’après les rapports, tout comme les douzaines de bloggeurs et dissidents arrêtés ces derniers mois, son nom était sur le point d’être rayé d’Internet en Chine.
Entretemps, au Cameroun, le musicien Lapiro de Mbanga, va recouvrer sa liberté cette semaine après avoir purgé une peine de prise de 3 ans à cause de la chanson « constitution constipée ». Elle critiquait le status quo politique.
Ces artistes sont-ils des exceptions?  Ou alors les artistes dont nous faisons la connaissance au moyen des campagnes internationales donnent-ils du relief à leur bravoure pour finir par se faire persécuter ?
Les artistes sont souvent perçus comme étant des “autres”, comme n’étant pas normaux et sont différente mis en touche, marginalisés à cause de leur anti-conformisme. Et pourtant, parfois inspirateurs, d’autrefois partisans de l’effronterie, les artistes, en général, se montrent très conservateurs. Sauf en cas de contre-campagne d’un discours dominant qui a atteint le seuil qui les contraint à chercher à se protéger,  nous les artistes avons tendance à servir le statu quo. Bien sûr, nous pouvons critiquer, nous même vomir la bile autour d’un repas d’un restaurant ou dans la sale de bain, tables de restaurants, mais quand il faut vraiment  dire la vérité au pouvoir en place et le signifier dans nos œuvres créatives, nous nous comportons en général comme des lâches !
D’aucuns peuvent réagir en disant en soutenant que les artistes ne sont pas différents des autres êtres humains. Ils ont besoin de payer un loyer, de mettre quelque chose sur la table, d’envoyer les enfants à l’école et de mettre du carburant toujours plus cher dans la voiture. Pourquoi les artistes seraient-ils alors contraints à agir de manière à embarrasser les décideurs et les hauts commis qui les aident à respecter leur style de vie?
Personne ne cherche à être un martyr des arts, de la liberté d’expression, d’aller en prison ou de vivre une vie misérable en défiant les responsables des injustices et inégalités. Mais alors, qui dira la vérité au pouvoir ?
Quel est le rôle de l’artiste dans la société ? Y a-t-il quelque chose de mieux que divertir et procurer du plaisir aux élites? Est-ce rechercher les acclamations du public, de la critique, des acheteurs et membres de jury pour décerner des prix ? Est-ce pour produire des œuvres d’une excellente qualité techniques et le faire de manière professionnelle ?
La production et distribution ne partent pas de nulle part, encore dans un espace sans contexte. Le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, la littérature et le cinéma sont créés et distribués dans des contextes nationaux et planétaires marqués par des grandes déséquilibres entre riches et pauvres, par la discrimination facile entre sur la base de la nationalité, du genre, de l’orientation sexuelle, de l’éducation, de l’âge et un millier d’autres facteurs, par la destruction massive en cours de l’environnement, par la violence institutionnelle, militaire ou criminelle qui abuse de la vie et de la dignité humaine. Les artistes vivent dans ce monde et il les influence. Que nous le reconnaissions ou pas, nos œuvres créatives, les choix que nous faisons au sujet de ce que nous allons dire et de la manière de le faire, nos décisions sur les lieux de diffusion (et par ricochet sur qui va les consommer), toutes ces réalités contribuent à maintenir, à renforcer et remettre en cause, d’une manière ou d’une autre, la monotonie économique, politique et sociale.
Elles sont ancrées dans nos œuvres créatives et dans les institutions à travers lesquelles nous distribuons notre travail, nos valeurs, nos idées, notre vision du monde, notre idéologie et morale qui contribuent (en silence ou explicitement) à perpétuer ou à remettre en cause de manière multiforme les discours et comportements hégémoniques.
En tant qu’artistes, on nous apprend que l’art est le reflet de notre société, que le rôle de l’art de tenir le miroir et le montrer à la société. Si nous évaluons notre travail des dernières années, que dit notre art de la société, au sujet du monde que nous habitons, de nous ? Les histoires de qui racontons-nous? La musique de qui dansons-nous ? A qui appartiennent les images que nous exploitons?
Il y a des organisations apparentées aux arts qui abattent un travail digne d’éloges : suivi et dénonciation des atteintes à la liberté d’expression, refuges offerts aux artistes exilés, lutte contre les petites préoccupations nationalistes d’ordre économique et sécuritaires pour la mobilité des artistes…. Mais ces combats sont souvent menés par  les managers culturels et les militants de politiques culturelles en lieu et place des artistes. Ma connaissance des artistes me fait comprendre qu’ils se préoccupent peu des problèmes qui se posent au-delà de leur micro-espace artistique, qu’ils n’arrivent à lire et comprendre les questions de dimension nationale et mondiale plus larges dans lesquelles ils évoluent et les contradictions entre leur travail (les obstacles en face) et les forces macro-économiques, politiques et sociales qui affectent directement ou indirectement la production et la distribution de leurs œuvres. Les artistes ne s’intéressent pas aux politiques culturelles et ne font aucun effort pour questionner les conventions internationales et les traités régionaux que signent leurs gouvernements. Ils ont ainsi une compréhension très limitée des possibilités (responsabilités) que cela apporte. Les artistes ne sont portés à remettre le gouvernement en cause que pour chercher des petites récompenses auprès des partis politiques qu’ils croient qu’ils vont les protéger et servir leurs micro-intérêts quand bien même des décennies d’histoire disent le contraire.
Il pourrait s’avérer injuste de reposer la charge énorme de l’ « activisme » sur les épaules d’un secteur qui en est encore à lutter de manière authentique pour obtenir des conditions de travail décentes et régulières. Mais en vérité, il s’agit d’un secteur privilégié. La question est : au service de qui mettrons-nous nos talents, nos portraits publics, notre accès aux médias, nos réseaux, nos ressources et nos opportunités ? Comment les masses populaires, citoyens lambda de l’histoire contemporaine,  vont-ils percevoir les artistes ? En dehors de leurs problèmes ?
NB
1. Les points de vue exprimés dans cette chronique relèvent entièrement de son auteur et représentent nécessairement toute organisation à laquelle il appartient.
2. Le destinataire peut transférer cette chronique à un tiers et peut faire l’objet d’une reproduction dans toute publication ou site Internet à condition d’en mentionner l’auteur.
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dimanche 3 avril 2011

Développement comme destruction de la culture


Mike van Graan
Le gouvernement ougandais a décidé de la destruction prochaine du Musée national, le seul capable de couvrir tout le pays. Il va y sortir de terre le Centre commercial d’Afrique de l’Est d’une hauteur de 60 étages. Le bâtiment « ultra-moderne » en question abritera le ministère du Tourisme, du Commerce, de l’Industries, des unités de vente en détails et des bureaux. Selon les hommes politiques, sa construction complète prendra en 3 et 5 ans. Mais, de l’avis des activistes culturels et des observateurs avertis au sujet de tels projets en Ouganda, terminer les travaux exigera une trentaine d’années. Oh, le nouveau musée national aura droit à deux niveaux.
Construit en 1908, le musée est vieux de plus de 100 ans et, par conséquent, est tout un héritage en soi.
Cet état des choses est un cas classique de « développement » mis en œuvre au détriment de « la culture ». De la même  manière,  le  « développement a souvent détruit l’environnement au nom de la croissance économique et du progrès social. Pour les tenants de la thèse de « la culture comme vecteur de développement », ce cas particulier est un défi à la fois philosophique et stratégique.
De mieux en mieux, la «  culture comme vecteur de développement » tend à s’affirmer comme l’effet qui catalyse et appuie les industries créatives au titre de leviers économiques, de mécanismes de création d’emplois, de générateurs des ressources financières qui vont servir à satisfaire les besoins d’émancipation humaine et sociale dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’éradication de la pauvreté. Tout cela est important dans la réalisation des défis du millénaire.

Cette situation reflète en particulier la réalité ougandaise. Le revenu par habitant y est d’à peine 460 dollars. Il est classé 143è à la queue de l’indice de développement humain.
Ce que dit le gouvernement est que le musée national ougandais, héritage national et premier creuset historique d’objets archéologiques, n’est pas un vecteur de développement dans ce sens qu’il est peu fréquenté par les locaux et les touristes ; il ne génère pas de revenus ; sa portée économique est nulle, et, s’il fallait s’y attarder, sa consommation des ressources publiques est limitée. De leur avis, ils ne voient aucun mal à démolir un musée en substitution à un immeuble qui génèrera des revenues substantiels au biais des exploitations commerciales viables et pourrait alors contribuer au développement économique, social et humain ougandais de manière efficace.
Dans la même logique, le gouvernement ougandais peut développer le Théâtre national. Pourquoi se donner la peine d’avoir un Théâtre national, même s’il est mieux exploité que le Musée national, quand, en lieu et place, l’économie peut tirer plus d’avantages des centres commerciaux, des bureaux prestigieux et des immeubles d’habitation ?
C’est à ce niveau que se pose le problème philosophique des tenants de la thèse de la “ culture comme vecteur de développement”. Par exemple, faire un procès aux arts sur la base élémentaire de leur contribution économique ne va pas sans faute. Son corollaire est alors la satisfaction des hommes politiques et des bureaucrates. Ils sont heureux de détruire la culture en substitution à une meilleure option de « développement »  où les institutions culturelles ou les arts n’apportent rien à l’économie ou alors où la contribution économique est moins substantielle qu’une autre eventualité.

Et pourtant, l’immeuble de 60 niveaux proposé ne représente pas simplement la destruction de la culture sous forme de démolition éventuelle du Musée national ; en vérité, elle représente une culture différente. Elle est même étrangère à ceux qui sont représentés par le musée. L’immeuble de 60 niveaux représente une culture de matérialisme, une culture élitiste ostentatoire, une culture mondialisée avec un bâtiment et les valeurs qu’elle représente qu’on pourrait trouver dans toute ville majeure dans le monde. D’autre part, le Musée national, celui qui est destiné à la destruction, est lié à l’identité ougandaise; l’histoire ougandaise singulière ; les valeurs, les traditions et les visions du monde qui sont propres à l’Ouganda, un bâtiment et un contenu qui vantent la diversité culturelle telle qu’envisagée par la Convention de l’UNESCO  sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

L’Ouganda n’est pas pays signataires de cette Convention. Pas encore, en tout cas.

Et ici sont défiés les défenseurs de la “ culture comme vecteur de développement”: initier un mouvement international pour éviter la destruction du Musée national ougandais, préserver, de ce fait, la diversité culturelle dans une planète mondialisée et contribuer à une meilleure compréhension de la relation entre la culture et le développement social, humain et économique.



 NB
1.
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